Créée en 2009, BRC est une entreprise spécialisée dans le conditionnement à façon de produits cosmétiques, pharmaceutiques, alimentaires ou e-liquide. La société a connu ces dernières années d’importantes transformations, notamment par son fort engagement pour l’écologie et le développement durable. Nous avons rencontré Marie Devaux, gérante de BR conditionnement. Entretien.

 

Quelle est la genèse de BRC ?

Mon père, Alain Rebullida, a d’abord créé la société BR Systèmes, spécialisée dans la confection de machine de conditionnement sur mesure, en 1996. Un client qu’il démarchait venait d’acquérir un important marché. Ils hésitaient entre s’équiper eux-mêmes ou sous-traiter. Mon père leur a alors proposé de monter un atelier de conditionnement sur-mesure pour leur besoin. BR Conditionnement a vu le jour en 2009, parallèlement à BR Systèmes. Étant alors spécialisés dans le petit conditionnement avec les flacons d’huiles essentielles, nous avons été approchés par les fabricants d’e-liquide en 2014, à l’époque de l’essor des cigarettes électroniques. Ce nouveau marché a permis à l’entreprise d’engager une importante phase de développement, notamment par un certain nombre d’embauches.

C’est à cette occasion que j’ai intégré la société. Alors que je travaillais dans le milieu culturel à Aix-en-Provence, j’ai décidé de m’inscrire dans cette lignée familiale et entrepreneuriale. J’ai aussitôt suivi une formation de management des entreprises à la CCI d’Albi dont je suis sortie major, ce qui m’a confortée dans mon choix. Selon le souhait de mon père, j’ai d’abord commencé par travailler sur les lignes d’opérateur puis sur les stocks, pour me familiariser avec l’entreprise, avant de m’atteler à la création de toute l’équipe support, recrutant le personnel nécessaire, les stocks, la logistique, la RH, l’expertise qualité, et ainsi de suite. J’ai toujours ouvert le poste moi-même avant de recruter la personne qui l’occupera durablement. Ceci me permet d’avoir une connaissance très précise des attentes, des enjeux et des difficultés relatifs à chaque poste.

Vous avec engagé une transformation de l’entreprise vers l’éco-conditionnement. Comment cela s’est mis en place ?

Dans ma vie personnelle, je suis extrêmement sensible à la question écologique et je limite au maximum les emballages dans ma consommation quotidienne donc, lorsque j’ai pris la direction de BRC, j’ai aussitôt accéléré cette évolution. Nous avons commencé par gérer l’ensemble des déchets relatifs au conditionnement. Plus de 90% de nos déchets sont aujourd’hui recyclés. Nous sommes équipés de panneaux solaires et nous avons changé d’opérateur pour de l’électricité verte française. Nous privilégions les réseaux courts et mesurons soigneusement la distance entre chaque fournisseur. En tant qu’entreprise, nous souhaitons limiter autant que possible notre impact environnemental.

 

Ce sont des enjeux auxquels notre clientèle est également sensibilisée. Nous sommes particulièrement identifiés sur les marchés de la cosmétique et de la parapharmacie pour qui les emballages éco-responsables sont un réel avantage. Nous sommes spécialisés dans le conditionnement de fioles en verre recyclées et recyclables à nouveau, contenant de deux millilitres à un litre,. Néanmoins, nous diversifions notre offre, notamment avec trois lignes de Doypack, des poches souples éco-responsables équipées d’un soufflet pour tenir debout et qui présentent l’intérêt de tenir bien moins de place sur les trajets avant le remplissage, et une fois vidé de son contenu et d’avoir un impact carbone encore inférieur à celui du verre. Par ailleurs, nous développons actuellement le conditionnement de la poudre parce que de plus en plus de produits sont achetés sous forme de matière première, notamment en ce qui concerne les produits nettoyants ou de soin. Le conditionnement de la poudre présente l’avantage de réduire les transports, puisqu’on ne conditionne que la matière active.

 

Quels sont vos projets ?

L’évolution des mentalités sur la question écologique a connu une nouvelle accélération avec la crise sanitaire. Je ressens quotidiennement l’impact de cette prise de conscience collective et cela me conforte dans mes choix de management. J’envisage désormais le développement de packaging réutilisables que nous serons en mesure de remplir et recharger dans nos locaux. Il faudrait pour cela mettre en place un système de collecte en s’assurant que l’impact écologique du processus soit moindre que celui du recyclage. Enfin, je compte commencer prochainement à employer en ouvrant de nouveaux postes dédiés au développement de performances écologiques.

 

Article paru sur le site de Capital https://www.capital.fr/entreprises-marches/lavenir-du-conditionnement-est-eco-responsable-1402258